Histoire et Avenir de l'Altigénérator

Je suis Serge Bessault, Gérant de Logistic Design et créateur du système Altigenerator.

Ce site est dédié à tous ceux qui ont vu mon Altigenerator voler au-dessus de leurs têtes, ceux qui m’ont rencontré et aidé dans les formalités  de développement du  décollage à pied motorisé. Mais aussi à tous les passionnés de deltaplane, de parapente et d’ULM qui souhaitent prendre la relève et faire perdurer cette belle aventure.
ATELIER
Enfant, j’aimais beaucoup Jules Verne mais c’est à Henri Mignet, fondateur de « du poux du ciel » que va mon admiration. N’importe qui pouvait construire son avion dans le garage avec des morceaux de bois. Mes parents ont commencé par cacher tous les morceaux de bois dans la maison. Mon rêve « que tout le monde disait fou » était de survoler la maison avec un avion de mon imagination.
Le premier prototype était une sorte de bi-turbine très similaire à un scaphandre bi bouteilles. Ainsi, en position allongée, avec « cet objet » dans le dos, j’étais supposé  voler  comme Batman.

PARIS NOVEMBRE 84
 C’est à L’institut de la protection industrielle que J’ai découvert une véritable mine d’or d’informations sur les sujets qui m’intéressaient. En consultant les témoignages, les idées et les essais dans les rapports d’inventeurs de l’ INPI. Une formule a retenu mon attention et m’a conforté dans mon projet.
F=m/f. En clair, la puissance nécessaire à un aéronef pour maintenir son altitude est égale à la masse divisée par sa finesse – pesant 70 kgs, si j’ajoute mon aile et un moteur de 30 kgs, cela fait 100kgs. Une aile delta d’environ 10 en finesse (permettant un allongement de 100 mètres en partant de 10 mètres). Avec 10 kgs de poussée, je dois voler et avec 11 je dois décoller.
L’unité à deux turbines a souvent fait venir les gendarmes chez moi car mes essais se faisaient dans le jardin. J’avais attaché la machine sur une table et la table à un pommier. Un pèse personne entre la table et le pommier devait me renseigner  sur la poussée obtenue. J’ai mis l’appareil en marche et me suis caché derrière le mur. De cet endroit sûr, j’avais le contrôle de l’accélérateur. A la troisième explosion de l’appareil, et en regardant les pièces tomber sur les toits des voisins, j’ai su que leur patience était arrivée à bout.
De nombreux autres tests et visite des gendarmes m’ont persuadé que j’allais dans une mauvaise direction.
Retour au point de départ. Pourquoi ne pas voler en position assise avec une simple hélice dans le dos , confortablement installé avec les pieds sur la barre de contrôle. De plus, j’avais  essayé tous les harnais couchés de vol libre pour constater l’inconfort de cette positon.
Le premier prototype ressemblait à une  raquette de tennis. Le moteur au milieu, un siège en toile à l’avant, une hélice à l’arrière, le tout relié au mât de l’aile.
Je suis allé voir mes amis du club delta à Erquy avec ma raquette de vol et je leur ai fait une démonstration de nettoyage de jardin en soufflant les feuilles mortes  chez les voisins.

A l’unanimité, ils m’ont tous regardé et m’ont dit « Serge, arrête tes bêtises ».
Rien à faire, car j’avais déjà des images en tête pour la date, l’heure et le lieu de mon premier décollage. Ils m’ont finalement dit « alors on appelle la télé « 

PREMIER VOL
Ce matin-là, il y avait une marée basse et 3 kms de plage dégagée devant moi et presque pas de vent. La TV avait été remplacée par 1 caméra, mais tous mes amis étaient présents, y compris Bertrand, un médecin.
Au ralenti  les vibration  du JPX212 me faisait voir flou . A pleine puissance, le confort était meilleur mais la poussée de 12 kg m’a paru ridicule. J’étais face à la mer, l’aile à l’horizontale bien centrée avec un contrôle parfait. J’a laissé avancer progressivement  jusqu’à sentir  mon poids diminuer , les pas sur le sol sont devenus plus légers puis le sol s’est éloigné lentement : 50 cm, puis 1 mètre au-dessus du sol. Par sécurité, je maintiens cette hauteur en tirant légèrement sur le trapèze et je gagne en vitesse. Je suis à 5 mètres de hauteur, mes pieds ont pris leur place automatiquement sur la barre de contrôle lorsque  la mer remplace le sable. Je monte encore un peu puis prends le virage au dessus des flots la plume droite de l’aile au raz des flots. La mer est lisse, pas une seule turbulence dans l’air. J’aimerais bien continuer cette expérience, ce sentiment de liberté , l’impression de marcher sur l’eau est nouveau pour moi .
Mes amis me regardent tous et je reviens vers eux, je laisse mon aile faire le travail, je sens que j’ai gagné la bataille. Je me rapproche d’eux à 10 mètres de hauteur et je me dirige vers la falaise pour exploiter l’ascendance crée par la faible brise.
Je dois être à deux cents mètres lorsque mon moteur s’arrête, les 2 litres de carburant s’étant épuisé. Tout changement dans un vol d’essai donne une certaine appréhension, on se demande ce qu’il va se passer ensuite, le nez de l’aile s’abaisse légèrement mais le calme du vol libre prend le dessus, sans le bruit du moteur, je me sent vraiment  à l’aise.

La structure rigide de la sellette empêche le pilote d’être en position diagonale à l’intérieur du cadre du trapeze, ce qui assure une meilleure efficacité pilotage. J’appréhende tout de même l’atterrissage car le débattement du harnais au poussé final est très limité .
L’atterrissage  a ma grande surprise se fait à pied joints à 3 mètres devant la caméra. La crainte que j’avais de devoir courir très vite pour arrêter mon aile était infondée, surtout avec une aile de compétition. L’excellente connexion rigide de la sellette à la quille de l’aile permet un contrôle parfait pour arrêter l’aile.
Deux prototypes ont été réalisés par la suite, pour aboutir à l’Altigenerator de série de cette époque . Avec le moteur solo 210 cc dont j’ai obtenu 2m/seconde en montée . L’expérience a été facilitée par le fait de vivre dans une ville de vacances près de la mer, et une grande opportunité s’est présentée. Mes voisins, d’abord intrigués par mes expérimentations, puis rassurés, m’ont demandé de prendre des photos aériennes de leurs maisons et cela est devenu une grande activité grâce à laquelle j’ai pu améliorer mon altigénérator.

 Le modèle des années 80 n’a jamais cessé de voler depuis
En 1990, j’ai opté pour l’aventure américaine et j’ai mis le cap sur Los Angeles avec mon  delta motorisé dans mes bagages.
Après avoir fait de nombreuses démonstrations sur les bases d’ULM de Californie j’ai été recruté par le centre de recherche océanographique d’Ansenada au Mexique pour effectuer des relevés photographiques aériens de la côte mexicaine de San Diego à Ansenada.
En 1992, mon Altigénérator a été un outil très lucratif au Canada, grâce à la spéculation immobilière galopante qui sévissait en Colombie Britannique. Des propriétaires fonciers, des spéculateurs et des agences immobilières ont loués mes services de photographe  aérien.
Puis j’ai visité de nombreux pays et îles du Pacifique Sud en voilier avec toujours à bord mon Altigénérator pour voir les choses d’en haut à chaque escale.
Depuis mon arrivée en Nouvelle-Calédonie il y a 26 ans, j’ai travaillé sur la propulsion électrique et réalisé deux prototypes (chariots et harnais motorisé) que je garde en réserve en attendant la commercialisation de meilleures batteries.
Ainsi depuis deux ans toute mon énergie est investie dans le développement du système Altigenerator défini par rapprochement des 3 points stratégiques d’un avion : son centre de gravité, son point de portance, et le point de poussée. En restant dans les conditions de vérification de la loi   P= M/F . 
Mon projet initial en 1982 était de réaliser la même structure en fre de carbone adaptable  sur un deltaplane et sur un parapente dans le but de permettre de décoller sur terrain plat et aller  chercher les ascendances  avec une aile de vol libre. Les prototypes que je développe actuellement visent toujours le même objectif qui est d’étendre les possibilités d’utilisation de nos ailes de vol libre en pouvant décoller de son jardin.
Il s’agit donc de motorisations auxiliaires et pour cela elles doivent rester dans les limites de poids d’une sellette classique. Vous allez sûrement tiquer en voyant le niveau de sophistication de mes chariots carénés avec toute leur instrumentation, leur pare-brise, leur réservoir de 16 litres, leur coffre de 20 litres, leur coussin confortable et leur pliage complet en quelques clics. Tout est en carbone moulé et reste dans les 35 kg y compris le moteur.

L’Altigenerator est de retour en force en 2022.
Depuis la vente de mon catamaran de charter à propulsion électrique, j’ai repris à plein temps mes activités de conception d’avions.
Pour l’instant, au grand désespoir de mon épouse adorée, je passe tout mon temps entre l’atelier, l’ ordinateur  et le terrain. J’aimerais bien trouver des partenaires afin de commercialiser  ces petites machines, mais en attendant, je mets sur le marché les accessoires polyvalents que je conçois et fais fabriquer par les meilleures usines.